Ou... comment perdre son temps peut s’avérer être une bonne stratégie
Sortir de la suprématie du « faire »
Oser perdre son temps
Oser le temps d’émergence
19h29. Assise à l’aéroport de Marrakech, j’attends.
Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé ces temps de rien. Ces moments où le temps s’étire jusqu’à l’ennui. Ces temps d’observation ou de contemplation qui amènent un état de flottement
Ne rien faire n’est pas si facile que ça !
Ennui, culpabilité, frustration…nous guettent
Pourquoi on a tant de mal à s’arrêter, à lâcher son téléphone ou ses responsabilités, ne serait-ce qu’un instant ? Pourquoi la culpabilité quand on prend une journée de congé, sans motif particulier ?
Dans cette newsletter, je t’emmène dans un voyage dans le temps…
Comment (ré)apprendre à perdre son temps peut s’avérer judicieux …
Sortir de la suprématie du « faire »
« Que de temps perdu à gagner du temps »
Paul Morand
Nous vivons dans un monde où l'activité est reine, où chaque minute doit être optimisée pour la productivité.
Beaucoup d'entre nous s'interrogent désormais sur leur relation à l'action, explorant des voies pour "faire" différemment.
"Qui suis-je lorsque je suis inactif ?" L'oisiveté devient une forme de résistance...
Une matinée devant soi, le sentiment d'une journée de liberté sans fin... autant d'évocations de l' « art de ne rien faire » qui résonnent comme une provocation, dans un monde épris de vitesse et d'efficacité. De la paresse au silence et de la rêverie à l'escapade solitaire
Mais qu’est-ce que "ne rien faire" ?
Ce n'est pas se plonger dans un roman, se poser devant Netflix, ni même penser au dîner à préparer.
- C'est choisir de se prélasser au coin du feu plutôt que de se figer devant un écran.
- C'est contempler le monde à travers une fenêtre, ou encore mieux, se perdre dans le néant.
- C'est se laisser bercer par le chant mélodieux des oiseaux ou le doux son du silence.
- C'est l'art de ne rien entreprendre, sans but, sans devoir s'en justifier, laissant ainsi notre esprit errer librement.
C’est une invitation à sortir de la suprématie de l'action, à emprunter les sentiers du "ne rien faire" pour nous éloigner du tumulte mondain et savourer ces instants.
Et Transformer le sentiment de culpabilité associé à l'inactivité en moments de bonheur et de contemplation.

Oser perdre son temps
En France, on dit que le temps, c’est de l’argent
Alors, on court….pour rentabiliser notre temps
Ici au Maroc, on dit qu’un homme pressé est un homme mort.
Alors, on ne court pas. On prend son temps.
Dans la mythologie grecque, on distinguait 3 temps :
Chronos qui mesure le temps quantitatif (années, jours, minutes, secondes…)
Kairos qui mesure le temps ressenti et opportun (il s'accélère, ralentit et nous donne des opportunités)
Aiôn qui symbolise le temps cyclique (les saisons, la respiration, le sommeil…)
Après le hygge danois, voici le niksen néerlandais. Un art subtil de ne rien faire, bien moins futile et superficiel qu’il n’en a l’air
Niksen, pour « ne rien faire » , ou plutôt paresser, rêvasser ou flâner, le tout sans intention particulière
Oser le temps d’émergence
Notre société glorifie constamment l'activité, insistant sur l'importance de maximiser chaque instant.
Pourtant, je demeure convaincue qu'un équilibre doit être trouvé entre agir et intégrer, et que l'art de ne rien faire est tout aussi crucial que celui de passer à l'action.
Ne rien faire n'équivaut pas à gaspiller son temps; bien au contraire, cela crée un espace propice à l'émergence de nouvelles idées.
Je crois fermement que chaque acte significatif (et je ne parle pas ici de tâches quotidiennes banales comme se brosser les dents) nécessite son propre temps de gestation, suivi d'un moment propice à l'action.
À l'image d'un arbre et de ses racines, il existe une dualité entre ce qui est visible et ce qui reste caché. Plus les racines s'étendent largement et profondément, plus l'arbre se dresse solide et ancré.
Sortir de l’agitation pour revenir à la contemplation permet d’ouvrir d’autres espaces …comme la profondeur. La porte vers l’intériorité.
Comprendre que chaque action demande d’être intégrée pleinement depuis l’intérieur pour créer de l’impact m’a enlevé cette vague culpabilité de « ne pas faire assez », notamment professionnellement.
Je rêve d’une société qui valorise autant l’action que la contemplation, le faire autant que l’être …
Et toi ? Tu fais quoi cette semaine ? :)